Travailler avec de la poussière (fine) : la poussière de plâtre est-elle également dangereuse ?
La poussière de plâtre et ses effets
La poussière de plâtre est constituée de particules en suspension dans l'air libérées lors de la préparation du plâtre en vue de son utilisation (passage de l'état sec à l'état humide) et lors du ponçage des matériaux contenant du plâtre. Ces particules en suspension dans l'air sont généralement constituées de sulfate de calcium hémihydraté, de calcaire et d'argile, de petites quantités de silice et de mica, et parfois de chaux hydratée. La poussière de plâtre peut irriter les voies respiratoires des travailleurs et est dangereuse pour plusieurs raisons. Dans certains cas, l'inhalation de poussière de plâtre peut entraîner de l'asthme. Bien que les effets à long terme sur la santé des travailleurs de l'inhalation régulière de poussière de plâtre ne soient pas encore clairs, il est très probable qu'il y ait au moins un risque accru de BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive). L'exposition prolongée à la poussière de plâtre due au ponçage peut entraîner une augmentation des problèmes de santé graves tels que la bronchite chronique et l'emphysème. En cas d'emphysème pulmonaire, les parois des alvéoles sont tellement endommagées qu'elles ne fonctionnent plus correctement. La maladie est irréversible.

Il existe des mesures concrètes pour prévenir les émissions de poussières lors du concassage, du sablage, du polissage, du meulage, du forage, du fraisage, du sciage…
Comment réduire les risques ?
Pour réduire les risques sanitaires liés à l'exposition à la poussière de plâtre, l'employeur doit avant tout accorder la priorité à la sécurité sur le lieu de travail. Si des problèmes respiratoires liés au lieu de travail sont suspectés, il incombe à l'employeur de gérer ces risques et de minimiser autant que possible l'exposition aux contaminants. Pour ce faire, il peut prendre des mesures de sécurité proactives et investir dans des solutions efficaces de contrôle des poussières. Les plus importantes sont les protections respiratoires (masques buccaux ou faciaux), la ventilation, les systèmes d'extraction fixes (par exemple dans les ateliers) et les dépoussiéreurs mobiles sur le chantier. L'objectif principal est de capturer les contaminants en suspension dans l'air, tels que la poussière de plâtre, à la source avant qu'ils n'aient l'occasion de se répandre.

Parmi les mesures efficaces, il y a les protections respiratoires et les dépoussiéreurs mobiles sur le chantier
Signes de problèmes pulmonaires
1. Toux persistante : bien que la plupart des gens toussent occasionnellement au cours de leur vie, une toux persistante qui dure des semaines peut être le signe de problèmes de santé sous-jacents. Une toux persistante peut être grasse/productive ou sèche. Outre l'aspect gênant, elle peut perturber le sommeil et entraîner de la fatigue. Si l'employé a une toux persistante pendant plus de trois semaines, il est préférable de consulter un médecin.
2. Essoufflement : comme la toux, l'essoufflement est un symptôme courant de mauvaise santé pulmonaire. Il est souvent attribué automatiquement à d'autres facteurs, tels que le manque de forme, l'obésité ou le vieillissement. Cependant, s'il n'y a pas de raison évidente à l'essoufflement d'un employé, cela peut être le signe d'un autre problème sous-jacent 'et qu'une visite chez un professionnel de la santé s'impose.
3. Infections fréquentes : les infections respiratoires sont causées par des bactéries, des virus ou, plus rarement, des champignons dans les poumons. En conséquence, les voies respiratoires gonflent et produisent un excès de mucus, ce qui les obstrue et rend la respiration plus difficile. Si les travailleurs présentent souvent ce genre d'infections, cela peut être lié à une mauvaise qualité de l'air due à la présence de polluants dans l'air du lieu de travail.
4. Respiration sifflante : elle est causée par une inflammation ou un gonflement des voies respiratoires.
Bien que l'asthme et la BPCO soient les causes les plus courantes d'une respiration sifflante, celle-ci peut également être causée par d'autres facteurs, tels que les infections respiratoires. Une respiration sifflante, aussi minime soit-elle, est le premier signe d'un problème plus grave qui nécessite une attention médicale rapide.

Si l'employé a une toux persistante pendant plus de trois semaines, il est recommandé de consulter un médecin
Quelle quantité de poussière inhalons-nous ?
Les travailleurs de la construction, qui sont exposés quotidiennement à des niveaux élevés de poussières fines sans protection adéquate, inhalent une quantité stupéfiante de poussières au cours de leur carrière. Lors d'activités telles que le ponçage sans aspiration, le niveau de poussière inhalable peut atteindre 50 mg par mètre cube (mg/m³)(source : Health and Safety Executive (HSE)). Dans le secteur de la construction, les travailleurs inhalent généralement environ 0,5 mètre cube (m³) d'air par heure au cours d'un effort modéré ou intense. Cela signifie qu'un travailleur inhale dans ce cas jusqu'à 25 mg de poussière par heure. Si l'on part du principe que la semaine de travail est de 40 heures, ce chiffre passe à 1 000 mg (1 gramme) de poussière par semaine, soit 48 grammes de poussière par an. Une personne qui inhale de la poussière pendant toute sa carrière peut donc "ingérer" jusqu'à 2 kg de poussière fine, alors que l'inhalation d'un demi-litre de poussière peut déjà entraîner des risques graves, voire mortels, pour la santé.

Les travailleurs de la construction sont exposés quotidiennement à des niveaux élevés de poussières fines
Poussière de quartz
Le traitement mécanique des matériaux pierreux tels que le béton, le béton cellulaire, les briques silico-calcaires, les briques et le plâtre libère des poussières fines, dont la poussière de quartz. Cette question a fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps. Un groupe de médecins néerlandais et britanniques a même appelé à une interdiction européenne du composite de quartz en août 2024, car des millions de travailleurs sont exposés aux risques de silicose, une maladie pulmonaire incurable. La poussière de quartz est la forme la plus courante de silice cristalline et le deuxième minéral le plus répandu dans le monde. L'industrie de la construction travaille beaucoup avec des matériaux contenant de la poussière de quartz, nocive lorsqu'elle est inhalée.
La poussière de quartz (ou SCR - silice cristalline respirable) est l'une des variétés les plus nocives de silice ou de dioxyde de silice (SiO2). Elle est libérée lors d'opérations telles que le meulage, le fraisage, le perçage, le sciage, le sablage et le ponçage, ainsi que le balayage, le brossage et le nettoyage à haute pression. Au plus profond des poumons, les particules de poussière de quartz peuvent provoquer la formation de tissu conjonctif. C'est ce qu'on appelle la fibrose pulmonaire ou encore la "pneumoconiose" ou la "silicose". Le tissu pulmonaire absorbe moins bien l'oxygène et devient moins élastique. Cela peut se traduire par un essoufflement et une sensation d'oppression à l'effort, une toux et des douleurs thoraciques. Plus la quantité de poussière inhalée est élevée, plus les dommages sont importants. D'ailleurs, cette maladie est incurable.

L'industrie de la construction travaille beaucoup avec des matériaux contenant de la poussière de quartz
Nuancer les propos
L'interdiction du seul composite de quartz n'élimine pas tous les risques, car d'autres matériaux contiennent également de la poussière de quartz. Si l'interdiction s'étendait à ces autres matériaux, les conséquences seraient considérable et pourraient bien mettre le secteur de la construction à l'arrêt. Le secteur de la construction ne veut certainement pas nier le problème, mais plaide en faveur d'une certaine nuance. Le problème majeur, c'est le manque d'information tant au niveau des employeurs et que des travailleurs (malgré les nombreuses informations soient disponibles). Par manque de communication, les travailleurs travaillant sans protection peuvent être victimes de la poussière fine. Ceux qui travaillent en conformité avec les réglementations sont beaucoup moins exposés.
Législation
Le 14 décembre 2023, la limite légale de poussière de quartz a été abaissée de 0,1 mg/m³ à 0,05 mg/m³ pour une journée de travail de 8 heures. Cela signifie qu'un travailleur ne doit pas être exposé à cette concentration de poussière de quartz pendant plus de huit heures par jour. La silice cristalline ou poussière de quartz figure sur la liste des agents cancérigènes depuis le début de l'année 2020. L'exposition à cette substance peut provoquer un cancer du poumon. Depuis le 17 janvier 2020, tous les équipements de travail utilisés pour le ponçage, le meulage, le perçage ou l'usinage de matériaux contenant du quartz doivent être équipés d'un système d'aspiration des poussières ou d'un système d'alimentation en eau. Si cela n'est pas techniquement possible, toute personne potentiellement exposée à la poussière de quartz doit porter un masque muni d'un filtre à poussière P3. Cela s'applique tant aux personnes qui utilisent la machine qu'aux travailleurs qui se trouvent dans la même pièce ou à proximité.

Une extraction directe des poussières sur la ponceuse évite beaucoup de problèmes
Mesures
Quatre mesures concrètes sont prescrites pour prévenir les émissions de poussières lors du concassage, du sablage, du polissage, du meulage, du forage, du fraisage, du sciage et de la démolition. Au moins une de ces quatre mesures doit être appliquée :
1. Protection avec des toiles ou des bâches ;
2. Brumisation du lieu de travail ;
3. Humidification au niveau de l'équipement ;
4. Extraction directe des poussières sur les marteaux-piqueurs, polisseuses, meules, perceuses, fraiseuses et ponceuses. Les autorités recommandent de toujours utiliser un aspirateur avec filtre HEPA.
Masques anti-poussière
Si cela n'est pas possible, les personnes présentes sur le chantier doivent porter des masques anti-poussière adaptés. Pour être bien protégé contre la poussière, le brouillard et les fumées, il faut utiliser un filtre. Ceux-ci fonctionnent comme un tamis : plus le tamis est fin, meilleure est la filtration. Il existe deux types de filtres : les masques à poussière jetables sont codés FFP (Filtering Face Piece), les masques complets et les demi-masques avec filtre monté sur le masque sont codés P. Si la lettre D apparaît après le codage FFP, cela signifie que vous pouvez utiliser ce masque plusieurs fois au cours d'une même journée de travail.
Ces deux catégories sont définies par les normes européennes EN 149 et 143 :
- FFP1 / P1 : capacité de filtration de 78 % (carbonate de calcium, cellulose, magnésium, etc.) : recommandé pour le ponçage, le rabotage ou le sciage manuel.
- FFP2 / P2 : capacité de filtration de 92 % (niveau de protection minimum : ciment, coton, graphite, plâtre, fer, rouille, marbre, acide phosphorique, soude, carbonate de sodium, poussière de bois...) : recommandé lors du ponçage, du rabotage et du sciage à la machine, de l'isolation, du meulage, du fraisage, du perçage et de la démolition, du mélange de plâtre, de stuc, d'enduit...
- FFP3 / P3 : capacité de filtration de 98% (niveau de protection minimum pour le cadmium, le cobalt, le chrome hexavalent, l'argent, etc.) : recommandé lors de travaux avec des poussières toxiques, telles que le ciment et l'amiante. Remarque : un masque anti-poussière P3 ne protège que contre une exposition de courte durée à l'amiante.
En l'absence de marquage FFP ou P sur l'emballage ou sur le masque antipoussière lui-même, la qualité de la protection n'est pas garantie. Cela signifie généralement que le degré de protection est inférieur à FFP1 ou P1. Comme pour tous les EPI (équipements de protection individuelle), il vaut mieux choisir une protection plus élevée qu'une protection trop faible.